Avis suivi de recommandations sur l’intérêt du traitement comme outil novateur de la lutte contre l’épidémie d’infections à VIH

Publié le 9 avril 2009

Avis adopté par le Conseil national du sida en séance plénière du 9 avril 2009.

Membres de la commission " traitement et prévention " :
- François Bourdillon
- Bruno Cadoré
- Jean-Pierre Dozon
- Philippe Gaudin
- Catherine Kapusta-Palmer
- Willy Rozenbaum
- Nicole Hesnault-Pruniaux

Rapporteurs :
- Michel Celse
- Marc Dixneuf
- Laurent Geffroy

 Préambule

Les efforts considérables menés depuis de longues années pour prévenir la transmission sexuelle du VIH ont permis de freiner, mais non de contenir l’expansion de l’épidémie. Bien que l’accès aux traitements progresse considérablement au plan mondial, le rythme des contaminations continue de progresser beaucoup plus vite. Pour une personne mise au traitement en 2007 dans le monde, plus de 2,5 nouvelles contaminations se sont produites. A des rythmes certes différents selon la situation épidémiologique et les conditions de prise en charge, l’épidémie reste partout dynamique, y compris dans les pays d’épidémie dite concentrée et offrant les meilleurs standards de prise en charge thérapeutique, tels que la France. En effet, on ne peut se satisfaire aujourd’hui d’une simple stabilisation du nombre des nouvelles contaminations, qui conduit de manière arithmétique à une augmentation du nombre total de personnes contaminées. L’objectif doit être de voir diminuer ce nombre de nouvelles contaminations afin d’obtenir à terme une réduction de la prévalence. Réduire le niveau des transmissions apparaît donc, au Nord comme au Sud, quoiqu’à des échelles et dans des conditions différentes, un enjeu crucial pour toute perspective de contrôle de l’épidémie, et face auquel les outils éprouvés de la prévention marquent leurs limites.

Dans ce contexte, un certain nombre de données scientifiques, en montrant que la mise sous traitement des personnes infectées réduit fortement le risque que ces personnes transmettent le virus par voie sexuelle, ouvrent une perspective nouvelle pour le contrôle de l’épidémie. Outre le bénéfice thérapeutique individuel qui justifiait et guidait sa prescription jusqu’ici, le traitement pourrait être utilisé également pour son impact sur le niveau des transmissions et devenir ainsi un outil capable, à un niveau collectif, d’enrayer la dynamique de l’épidémie.

L’importance de l’enjeu pour le futur de la lutte contre la pandémie, mais également l’ampleur et la complexité des implications collectives et individuelles de ce changement de statut du traitement, sont depuis plus d’un an objet de discussions et, souvent, de controverses, aussi bien au niveau international qu’en France. Il relève des missions du Conseil national du sida de faire état de ces débats et d’en proposer une lecture critique et ordonnée, susceptible de contribuer au nécessaire repositionnement des différents acteurs de la lutte contre le sida confrontés à ce qui apparaît comme un changement de paradigme. Il importe également pour le Conseil, à l’égard de toutes les personnes concernées, au premier rang desquelles les personnes vivant avec le VIH, de promouvoir le partage de l’information et du savoir, considérant qu’elles seront capables d’en apprécier la portée et les limites, et que l’un des fondements d’une société démocratique est l’égal accès aux connaissances.

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